Franz Schubert:


Symphonie n°8 en si mineur, D. 759 “Inachevée”


Allegro moderato - Andante con moto en mi majeur

   
    La Symphonie en si mineur fut composée en 1822 mais ne fut découverte que des années après la mort du compositeur ; on lui attribue classiquement le nº 8, mais elle porte le nº 7 dans les renumérotations plus récentes. Du fait qu'elle ne comporte que deux mouvements, elle reste connue sous le nom de “Symphonie inachevée”, mais rien ne prouve que Schubert comptait lui ajouter une troisième partie tant l'œuvre apparaît complète. Certains musicologues estiment que cette symphonie anticipe la musique du grand symphoniste Anton Bruckner, et en particulier, la neuvième symphonie de ce dernier, également inachevée et qui se termine dans la même tonalité de mi majeur, dans une ambiance comparable de paix résignée.

Il paraît surprenant que Schubert n’ait pu composer deux autres mouvements afin de compléter une symphonie si solidement amorcée. Comment comprendre ce soudain déclin de son inspiration musicale ? A cette question plusieurs hypothèses ont été avancées, mais la plus crédible reste celle qui justifie cette décadence subite par la découverte de Schubert de sa syphilis.

La Symphonie inachevée est une des symphonies les plus jouées dans le monde.

En 1928, à l'occasion du centième anniversaire de la mort de Schubert, la Columbia Gramophone Company lança un concours pour terminer la symphonie. Le pianiste Frank Merrick gagna et son Scherzo et son Final furent joués. Ces deux mouvements ont été depuis oubliés. Plus récemment, le musicologue britannique Brian Newbould a proposé une autre complétion de la symphonie dans laquelle il a intègré les propres esquisses du Scherzo de Schubert (le trio devait être généralisé) et réutilisé la musique de l'intermède de la musique d'accompagnement de la pièce Rosamunde.

Le premier entracte de Rosamunde a longtemps été considéré par quelques musicologues comme le véritable final de la symphonie : il est aussi en si mineur, l'instrumentation est la même et l'ambiance musicale similaire à celle des deux mouvements terminés. S'il c'était le cas, alors ce serait Schubert qui l'en aurait extrait pour s'en servir dans Rosamunde.

Par webmaster OBPA - Publié dans : Oeuvres
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